Zone de Texte: Bien que le dessin n'ait que peu de chose en commun avec la peinture (un peintre qui maîtrise sa technique ne dessine pas avant de peindre), je pense utile pour les débutants de connaître quelques notions de dessin.

Je sais qu'affirmer que le dessin est inutile pour un peintre ne sera pas sans surprendre de nombreux "aspirants artistes" dont les connaissances sont essentiellement scolaire : la peinture ne doit pas se contenter d'un simple coloriage ! Cependant un peintre doit aussi savoir dessiner pour maîtriser son couteau ou son pinceau. 

Pourquoi le dessin est inutile pour un artiste peintre ? Il existe plusieurs raisons à cela. Outre une perte considérable de spontanéité dans le geste picturale et le fait que le dessin perde très vite sa raison en raison de son recouvrement par la peinture, le dessin réalisé à la mine de plomb ou au fusain risque fort de "salir", voire d'altérer les pigments de la peinture, mais surtout, avec un dessin préalable, le risque de laisser des parties de toile sans peinture est grand (pour s'en rendre compte facilement, il suffit de regarder une toile à contre-jour, la partie peinte face au soleil en regardant l'arrière). Or ces parties en manque de peinture sont particulièrement vulnérables pour la stabilité chromatique de l'œuvre.

L'artiste sérieux attache toujours une grande importance à la qualité de son travail, donc pour parvenir à réaliser une peinture de bonne qualité il convient de dépasser le stade du dessin préalable sur une toile (acceptable cependant avec un crayon aquarellable pour les débutants)... ce qui n'exclue pas de multiples études, ou essais, sur des feuilles de papier réalisées avec des dessins. Pour l'artiste, le dessin doit devenir une sorte d'automatisme, c'est en ce sens que j'ai conçu cette partie de site, en proposant différents canons (animaliers, du corps humain et du portrait) de nature à faciliter grandement le travail des débutants ou autres artistes amateurs 














Historique

Le dessin figuratif d’objets visibles correspond à la transposition graphique d’impressions perçues par l’œil. Savoir choisir entre ce qu’il faut représenter et ce qu’il faut suggérer relève d’une sensibilité visuelle qui ne vient qu’après une certaine pratique. 

Une esquisse est un dessin qui préfigure une œuvre. Elle ne comporte que les principaux traits de l’objet représenté. Dans une esquisse de qualité, l’urgence de l’impression visuelle de l’artiste ne se fait pas au dépend d’un effort de fini et de perfection. Dans les dessins au trait et dans certains croquis, seuls les contours, les courbes, les bords saillants ou les motifs d’un objet ou d’une scène sont représentés.

L’art chinois et l’art japonais sont fondés sur la puissance de suggestion du trait pur, ce qui se passe aisément de couleur. Les écoles occidentales, au contraire, accordent beaucoup d’attention aux clairs-obscurs, au rendu des dégradés de lumière et d’ombre. Les artistes européens ont essayé d’obtenir cet effet en ayant recours à un dégradé de tons monochromes. Dans certains cas, on rend une idée des couleurs par suggestion ou par interprétation du noir et blanc, en reportant les nuances des couleurs. Mais, dans ce cas, on considère le dessin comme un substitut de la peinture, ce qui ne tient pas compte des ses capacités et de ses spécificités. Les dessins de la Renaissance fournissent d’excellents exemples du travail sur l’ombre portée et la lumière. Ils tentent de mettre en évidence le rapport des figures à l’espace qui les environne.

Quelque soit le procédé, les principes fondamentaux du dessin sont identiques. Travaillant à partir de n’importe quel objet ou modèle, l’artiste commence par observer et par les principaux traits des formes, des contours et des volumes. 

Les méthodes de dessin varient considérablement en fonction du procédé. Au cours des siècles, les dessins ont été effectués sur toutes sortes de surfaces : parois des cavernes, poteries, plâtres, papyrus, parchemins, soie, panneaux de bois, pierre et métal, et, plus fréquemment, sur du papier de nuances et de grains différents. Le grain du papier utilisé modifie l’effet produit. 

Les outils du dessin sont nombreux. Le crayon (à mine graphite ou à pierre noire) est le plus fréquent. La plume met en évidence les lignes mais suggère également le modelé grâce aux hachures. Le pastel, un crayon fait de pigments broyés mélangés à une pâte de terre blanche, forme un genre à part qui s’affirma au 18ème siècle. À cette époque, on employa également la technique dite des trois crayons, qui combine la pierre-noire, la sanguine et la craie. 

Le fusain ou charbon de bois est largement employé depuis la Renaissance italienne. Avec cette technique, l’artiste doit "peindre" sur le papier et il est quasiment impossible d’obtenir des traits fins. La plupart de ces techniques sont contraignantes et lorsqu’elles laissent la possibilité d’un repentir, il faut souvent réemployer les traces laissées sur le papier. Pour cette raison, le dessin n’est jamais un simple brouillon. 

Le crayon et le pastel permettent de dessiner aussi bien des traits fins que des ombres aux traits tendres, épais et insistants. Certains dessins remarquables sont réalisés sur du papier teinté, souvent en gris ou en bleu pâle, avec des rehauts de craie ou d’un pigment appelé blanc de Chine ; les ombres les plus denses et les volumes sont dessinés au crayon et les tons intermédiaires sont représentés par les réserves, c’est-à-dire les espaces où le papier est laissé vierge. 

Les artistes du Quattrocento, qui ne connaissaient pas encore la mine de plomb, inventée au 16ème siècle, utilisaient parfois une pointe de plomb ou d'argent sur un parchemin ou un papier épais pour obtenir un trait gris pâle ; ils utilisaient plus fréquemment la sanguine qui est une argile ferrugineuse de ton rouge. Avant d'être supplantée par l'actuelle pointe en acier, la plume d'oie servait également à dessiner. Afin de rehausser un dessin, on utilise depuis le 16ème siècle la technique du lavis à l'encre noire, bistre ou sépia.

Dans la grande majorité des cas, toutefois, un dessin ne résulte pas de l’utilisation d’une seule technique mais se présente comme une stratification d’interventions à partir de différentes données matérielles : texture et couleur, voire préparation du papier, tracés successifs, rehauts et repentirs, etc. La combinaison de ces interventions est illimitée, mais leur lecture, pour délicate qu’elle soit parfois (certaines techniques peuvent être confondues, tels le fusain, la pierre noire, le crayon Conté, les pierres et craies de couleur et le pastel, etc.), constitue, avec celle du sujet représenté, un aspect essentiel de la compréhension du dessin en tant que projet (disegno, dessein) de l’artiste.

Quels que soient les types de dessins considérés trois éléments techniques peuvent être pris en compte : les matériaux, les outils d’exécution et les supports. On distingue les matériaux solides (fusain, pierre noire, sanguine, craies, pastel, mine de plomb, crayon Conté, crayons gras, crayons de couleur, etc.) des matériaux liquides (encres, lavis, aquarelle, gouache, détrempe, etc.). Les outils sont la plume, le pinceau, la pointe de métal, l’estompe et la gomme. Les supports sont principalement le papier, en usage en Chine dès le 2ème siècle avant Jésus-Christ., arrivé en Europe vers la fin du 13ème siècle, et les cartons qui en dérivent, auxquels il faut ajouter les parchemins (peaux de chèvre ou de mouton) et les vélins (peaux de veau), utilisés depuis l'Antiquité, les tissus (les toiles fines et les soies, support de prédilection des artistes d'Extrême-Orient mais utilisés aussi en Occident au Moyen Âge), et les tablettes de buis ou de bois de figuier préparées avec un mélange de colle de peau et de poudre d'os ou de craie, en usage probablement de l'Antiquité à l'époque médiévale.

La pointe de métal

 
.Connue dès l’Antiquité, c’est l’une des techniques les plus anciennes du dessin occidental. Elle consiste à utiliser une pointe métallique d’or, de cuivre, d’argent ou de plomb, sur un papier préalablement enduit au pinceau d’une ou de plusieurs couches d’une préparation spéciale à base de blanc d’Espagne, de gypse ou de poudre d’os mêlée d’eau, de gomme arabique et de pigments de couleur (la carta tinta des Italiens). La trace de la pointe de métal s’inscrit en creux sur la feuille ainsi préparée, laissant une empreinte, voire, dans le cas de l’argent, une trace de matière qui, avec le temps, devient brillante en s’oxydant.

Ce procédé, qui exigeait une grande sûreté de main (le trait, ineffaçable, ne permet pas les corrections), fut utilisé avec prédilection, aux 14ème et 15ème siècles, par les dessinateurs nordiques.

La plume et l’encre
Matériaux de prédilection des dessinateurs d’Extrême-Orient, l’encre, appliquée à la plume ou au pinceau (lavis), n’a cessé d’être employée dans le dessin comme dans l’écriture, depuis l’Antiquité.

Le fusain
Le fusain est du charbon de bois de l’arbuste du même nom (en latin, fusus), ou du saule, du noyer, du prunier, du tilleul, voire, plus anciennement, du romarin ou du myrthe (arbuste à fleurs). Le fusain est l’un des matériaux originels du dessin, mais aussi l’un des plus fragiles.

Facile à effacer et permettant donc toutes les corrections, il est utilisé pour tracer les grandes lignes de peintures murales à la détrempe ou à la fresque, comme pour esquisser les compositions peintes sur panneau de bois ou sur toile préparée, voire pour des dessins d’étude sur papier, retravaillés ensuite à la plume ou à la craie. 

Le fusain a fait depuis longtemps l’objet de recherches visant à le rendre plus stable, c’est-à-dire à fixer le dessin sur le support d’exécution, principalement le papier : vers le milieu du 16ème siècle, à Venise, la pratique se répand de tremper le morceau de charbon dans l'huile avant de l'utiliser (c'est le fusain huilé) ; plus tard, la feuille dessinée elle-même est plongée dans un bain d'eau additionnée de gomme arabique, ou vaporisée avec une solution de même composition.

Au 19ème siècle, le fusain, qui permet d'atteindre les noirs les plus profonds et, retravaillé ou non à l'estompe, de puissants effets de contraste avec le papier, devient, peut-être par émulation avec la lithographie, l’un des matériaux privilégiés du dessin romantique, réaliste et symboliste. Le fusain est aussi utilisé pour le dessin d’étude sur le modèle vivant ou d’après des moulages, pour les dessins préparatoires de grandes dimensions et les ornements d’arts décoratifs. 

Au 20ème siècle, qui voit une grande diversification des techniques du dessin, il continue d'être utilisé par de nombreux artistes.

La pierre d’Italie, ou pierre noire
C'est en Italie, au 15ème siècle, en particulier à Florence et à Rome, que l'utilisation de ce schiste argileux à grain serré (une sorte d'ardoise) semble s'imposer : utilisé comme un crayon, il donne un trait souple dont, selon qu'il est plus ou moins appuyé, la teinte varie du noir au gris. C'est le matériau de prédilection des recherches de modelé, de volume et de clair-obscur, et donc de l'étude de la figure humaine.

Les lavis et la tempéra
Le lavis est le procédé le plus répandu pour donner une teinte au dessin, en particulier au dessin à la plume ; il est composé d’encre de Chine (lavis gris ou brun) ou d’encres de couleurs (lavis de couleurs), diluées dans de l’eau et appliquées au pinceau.

Le lavis brun, obtenu à partir d’une encre brune plus ou moins diluée et dont la teinte va ainsi du mordoré le plus léger au brun le plus sombre, est appliqué au pinceau. S’il est le plus souvent utilisé pour donner ombres et lumières, donc espace et modelé, au dessin à la plume, à la pierre noire ou au graphite, il est aussi parfois utilisé seul pour ses qualités atmosphériques ou pour la violence des contrastes expressifs qu’il autorise.

La mine de plomb, les crayons
La mine de plomb, le crayon Conté et les crayons de couleur : Au début du 19ème siècle, alors que le fusain, qui permettait mieux que la pierre noire d'obtenir de puissants effets de contraste avec la clarté du support, connaît un renouveau. La mine de plomb, ou plombagine artificielle, inventée par le chimiste Nicolas-Jacques Conté, ouvre une nouvelle période de l'histoire du dessin. Héritière du graphite anglais, un carbone cristallisé presque pur (donc proche du diamant) utilisé dès le 17ème siècle par les Flamands et les Néerlandais, la mine de plomb, mélange d'argile et de plombagine, laisse une trace brillante sur le papier. Elle se présente soit comme une mine, c'est-à-dire un petit bâton fixé sur un porte-mine, soit comme la partie centrale d'un crayon de bois dont l'usage se répand à cette époque.

L’acuité, la précision et la souplesse de son trait en font l’instrument privilégié des études sur le motif de grands maîtres comme David, Ingres, Delacroix, Corot et Degas. Son usage est d’ailleurs encore très vivant au 20ème siècle, en particulier chez Picasso, Modigliani, Bellmer...

Quant au crayon Conté, qu’il ne faut pas confondre avec la mine de plomb et encore moins avec le "crayon noir", c’est un crayon noir, gras, de grande production, dont l’invention revient également à Nicolas-Jacques Conté. Proche du fusain par l’intensité des noirs qu’il autorise, il s’en distingue néanmoins par sa matière légèrement brillante. Le succès des crayons de couleur, fabriqués industriellement dès la fin du 19ème siècle, participe du même mouvement que le renouveau de faveur du pastel.

Le dessin de perspective
La perspective est à mi-chemin entre le dessin à main levée ou le dessin pictural et le dessin industriel et mécanique. Il tend à représenter le relief visible d’un objet depuis un point de vue donné tout en relevant plus d’une exactitude scientifique que d’une interprétation personnelle et artistique. L’objet est représenté avec toutes les distorsions d’angle et les raccourcis tels que l’œil peut les voir d’un point donné, mais les angles, les dimensions, les distorsions et les raccourcis exacts de chaque partie sont calculés mathématiquement et non "à vue d’œil".

Le dessin d’une perspective peut être complété par des ajouts de couleurs, des jeux d’ombre et de lumière, et des éléments secondaires dessinés comme dans un dessin à main levée. De plus, on a longtemps considéré qu’aucun artiste ne pouvait représenter correctement une forme, notamment un paysage ou des édifices sans en maîtriser la perspective ; c’est donc une matière particulièrement travaillée dans toutes les écoles d’art, dont l'enseignement reste traditionnel. Les peintres de décor de théâtre ne peuvent pas se passer de cette perspective pour donner du relief aux décors. Dans les dessins japonais, l’approche de la perspective est totalement différente ; le point de vue est, dans la plupart des cas, élevé, ce qui produit un effet particulier appelé perspective plongeante.

Lorsque vous dessinez, c’est votre personnalité, et elle seule qui devra être votre source d’inspiration: avec un matériel sélectionné avec soin, vos résultats ne pourront qu’approcher au mieux ce à quoi vous aspirez. 

Un minimum de technique et de conseils pratiques vous sera cependant très utile, mais il vous appartiendra de les adapter à votre tempérament pour souligner votre personnalité et réaliser de véritables créations. C’est pourquoi dans mes cours, comme dans mon livre et ce site Internet, je déconseille toujours très vivement de copier qui que ce soit : nous sommes tous différents et chacun doit posséder un mode d’affirmation qui lui soit propre, c’est le meilleur des gages de succès… et de satisfaction .  

Le matériel
Chaque dessinateur utilise un matériel qui lui est propre, en fonction de sa personnalité et des sujets qu’il a à traiter. Cependant, il convient de préciser qu’il ne sert à rien d’accumuler une grande quantité de matériel, comme le font de nombreux amateurs… et quelques professionnels ! Par exemple, si vous possédez 20 stylos par exemple, vous remarquerez que le plus souvent vous n’en utilisez qu’un… et toujours le même, simplement parce que ce stylo « s’est fait à votre main ». Il en va de même pour votre matériel d’artiste. Pour ma part, je n’utilise que 2 couteaux et un seul pinceau (N° 0 pour mes signatures) et 6-7 tubes de peinture d’excellente qualité, comme nous le verrons en traitant de la seconde partie (Technique 2). Ce matériel est suffisant pour réaliser n’importe quelle toile… et obtenir une multitude de couleurs ! Au début, certes, plusieurs essais s’impose pour que chacun puisse trouver le matériel qui lui convient le mieux, mais après un mois, tenez-vous en à un matériel restreint mais que vous ayez bien en main.


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Rien n’est plus beau que la nature et la peinture l’immortalise… parfois !

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